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Linda Wagar
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Linda Wagar
La Merveille dans l’Enfert du Marathon
International de Montréal
Septembre 2003
Si la semaine dernière quelqu'un m'avait raconté que le 14 septembre 2003 je passerais à travers l'expérience du Marathon de Montréal, je ne l’aurais sûrement jamais cru. En bref, il est possible de courir un marathon sans passer à travers l'enfer même si la température y est comparable. Il suffit tout simplement d'écouter mon histoire et de suivre un peu ma stratégie.
Vous pouvez oublier l'infection dans mon oeil droit qui s'était montré le nez deux jours avant le marathon. Le médecin m’avait avisé que les gouttes prescrites allaient sûrement ronger mes lentilles. Je cours donc avec mes lunettes puisque le malaise causé par cette faiblesse inattendue n'en vaut pas la peine. Mieux vaut un mal à l'oeil qu’un mal au pied.
Après une pause de 13 ans, le marathon ressuscite aujourd’hui à Montréal. Nous voilà donc sur le pont Jacques-Cartier, coureurs de marathon prêts à commencer notre aventure dans un territoire inconnu. En cette belle journée d’été, la vue qu’offre la ville de Montréal est la bienvenue.
On est prêt, on commence. La seule personne à courir avec son nom inscrit sur le devant et à l’arrière de sa chemise, je vous la présente .... C'est moi. Alors, on m'a crié mon nom du début à la fin. On m'a encouragé. On m'a dit de ne pas lâcher. On m'a dit de courir plus vite. Mais surtout on a nourri mon courage tout au long de ce marathon où la chaleur et l’humidité étaient mortelles.
L'eau aussi nous a aidés, en forme de bouteille,ouverte sur la tête, sur tout le corps et … oupps, dans les souliers et les bas. J’avais tout à coup l’impression de courir dans la pluie.
Les premiers 15K du parcours le long de l’île Ste-Hélène, et les ponts étaient de toute beauté. C’était un "réchauffement" plutôt agréable. Tôt dans la course, il devint évident pour chacun que de courir dans des conditions climatologiques idéales n’entrait pas dans les plans de la journée. Il était donc avantageux de ne pas oublier de boire un petit lac durant cette journée et surtout, dans mon cas, de consommer beaucoup de bonne nutrition.
En somme, j'avais mon propre "bagage" d'essence! Mes "power gels" auraient sûrement pu être vendus à certains coureurs le long du chemin pour un bon prix. Nos entraîneurs au magazin "Coin des Coureurs", avaient souvent parlé de l'importance de la nutrition durant la course. Mon intuition m'encourageait de consommer plusieurs de ces paquets nutritifs étant donné les conditions du parcours.
En rétrospective, c'est ce qui m'a sauvé la vie. Je n’ai jamais vu ce "mur" qui est toujours là pour la majorité d’entre nous. Ma fatigue a été contrôlée par l'idée que je cours des marathons parce que je peux.
Pour balancer l’effort monumental demandé cette journée-là, je comptais sur un bon entraînement, mon nom sur ma chemise et assez de nutrition pour soutenir une petite armée. Tout çà pour dire, passe le sucre j’ai un marathon à finir. Je visais les 5 heures mais je prendrais ce qui me serait donné sans être désappointée.
Les derniers 12 K ont été les plus mémorables. Mon mari me dira plus tard que dans mon peloton, j'étais la seule qui courait. Quelqu’un m'a demandé si c'était mon mari et mes deux enfants qui me donnaient "mes choses". Je répondis que oui.
«Moi, à ta place, je serais parti avec eux. Je marche le restant du chemin. C'est mon sixième marathon … jamais dans cette chaleur! »
Je lui ai répondu : « Au moins tu es dans la belle ville de Montréal, tu as ta santé, c'est une belle journée. »
Plus tard, j’ai couru avec lui. Il m’a raconté un peu sa vie. Il finit habituellement dans les 4h.15. Mais même les champions, les Kenyens, vont être en retard. Aussi, oublions la montre. D’ailleurs, j’avais pris la décision de ne pas porter la mienne pour ce marathon. Je crois que c’était une bonne intuition pour aujourd'hui.
Là voilà, la fameuse côte! Je t'ai monté dans ma tête. Juste parce que j'ai couru jusqu’ici 40K, çà ne veut pas dire que j'ai peur de toi. Alors je cours cette maudite côte et je peux entendre la conversation de ces trois femmes qui font la marche de 5K qui se termine comme pour moi au Parc Lafontaine.
« L’as-tu vu 'stie? On a de la difficulté à marcher cette côte. Elle a couru le marathon et elle court cette estie d'côte. »
Merci les femmes, vous avez poussé mon corps en haut de cette côte avec vos beaux mots!!!
J’entends mon nom : « Linda ». C’est Anique, la partenaire de mon neveu. Elle court avec moi. Je suis si contente de la voir.
«Tu as juste 1K à faire.
-Non, je la corrige, c'est 1.2K.
-Tu me donnes la force de courir vite Anique, on fait un peu de sprint? »
Je dois arrêter. Je n'ai plus d'air dans mes poumons. OK, je reprends. Anique me dit qu’elle ne peut pas courir
aussi vite que moi.
- « C'est parce que tu as tes sandales … voyons! »
Je traverse la ligne d'arrivée aussi vite que je peux. J'ai gagné mon marathon et j’explose de joie et de bien-être comme je n'aurais jamais pu imaginer.
Courir un marathon, c'est ce que je veux faire encore! Je laisserai ma montre à la maison, je porterai mon nom sur ma chemise, je mangerai mes gels de sucre et surtout, je m'entraînerai. Et si j'oublie parfois pourquoi je fais ça, je dois me rappeler de quelque chose qui est pour moi très évident. Je m'entraîne pour échapper au cancer, aux maladies cardiaques, à la dépression, à la maladie d’Alzheimer et, maintenant, à l'ostéoporose qui se trouve dans ma famille, dans mon sang, dans mes veines. Tu peux croire que tout ça me donne l'inspiration pour ne jamais lâcher.
Linda Wagar, Ottawa, Septembre 2003
Linda Wagar
La Merveille dans l’Enfert du Marathon
International de Montréal
Septembre 2003
Si la semaine dernière quelqu'un m'avait raconté que le 14 septembre 2003 je passerais à travers l'expérience du Marathon de Montréal, je ne l’aurais sûrement jamais cru. En bref, il est possible de courir un marathon sans passer à travers l'enfer même si la température y est comparable. Il suffit tout simplement d'écouter mon histoire et de suivre un peu ma stratégie.
Vous pouvez oublier l'infection dans mon oeil droit qui s'était montré le nez deux jours avant le marathon. Le médecin m’avait avisé que les gouttes prescrites allaient sûrement ronger mes lentilles. Je cours donc avec mes lunettes puisque le malaise causé par cette faiblesse inattendue n'en vaut pas la peine. Mieux vaut un mal à l'oeil qu’un mal au pied.
Après une pause de 13 ans, le marathon ressuscite aujourd’hui à Montréal. Nous voilà donc sur le pont Jacques-Cartier, coureurs de marathon prêts à commencer notre aventure dans un territoire inconnu. En cette belle journée d’été, la vue qu’offre la ville de Montréal est la bienvenue.
On est prêt, on commence. La seule personne à courir avec son nom inscrit sur le devant et à l’arrière de sa chemise, je vous la présente .... C'est moi. Alors, on m'a crié mon nom du début à la fin. On m'a encouragé. On m'a dit de ne pas lâcher. On m'a dit de courir plus vite. Mais surtout on a nourri mon courage tout au long de ce marathon où la chaleur et l’humidité étaient mortelles.
L'eau aussi nous a aidés, en forme de bouteille,ouverte sur la tête, sur tout le corps et … oupps, dans les souliers et les bas. J’avais tout à coup l’impression de courir dans la pluie.
Les premiers 15K du parcours le long de l’île Ste-Hélène, et les ponts étaient de toute beauté. C’était un "réchauffement" plutôt agréable. Tôt dans la course, il devint évident pour chacun que de courir dans des conditions climatologiques idéales n’entrait pas dans les plans de la journée. Il était donc avantageux de ne pas oublier de boire un petit lac durant cette journée et surtout, dans mon cas, de consommer beaucoup de bonne nutrition.
En somme, j'avais mon propre "bagage" d'essence! Mes "power gels" auraient sûrement pu être vendus à certains coureurs le long du chemin pour un bon prix. Nos entraîneurs au magazin "Coin des Coureurs", avaient souvent parlé de l'importance de la nutrition durant la course. Mon intuition m'encourageait de consommer plusieurs de ces paquets nutritifs étant donné les conditions du parcours.
En rétrospective, c'est ce qui m'a sauvé la vie. Je n’ai jamais vu ce "mur" qui est toujours là pour la majorité d’entre nous. Ma fatigue a été contrôlée par l'idée que je cours des marathons parce que je peux.
Pour balancer l’effort monumental demandé cette journée-là, je comptais sur un bon entraînement, mon nom sur ma chemise et assez de nutrition pour soutenir une petite armée. Tout çà pour dire, passe le sucre j’ai un marathon à finir. Je visais les 5 heures mais je prendrais ce qui me serait donné sans être désappointée.
Les derniers 12 K ont été les plus mémorables. Mon mari me dira plus tard que dans mon peloton, j'étais la seule qui courait. Quelqu’un m'a demandé si c'était mon mari et mes deux enfants qui me donnaient "mes choses". Je répondis que oui.
«Moi, à ta place, je serais parti avec eux. Je marche le restant du chemin. C'est mon sixième marathon … jamais dans cette chaleur! »
Je lui ai répondu : « Au moins tu es dans la belle ville de Montréal, tu as ta santé, c'est une belle journée. »
Plus tard, j’ai couru avec lui. Il m’a raconté un peu sa vie. Il finit habituellement dans les 4h.15. Mais même les champions, les Kenyens, vont être en retard. Aussi, oublions la montre. D’ailleurs, j’avais pris la décision de ne pas porter la mienne pour ce marathon. Je crois que c’était une bonne intuition pour aujourd'hui.
Là voilà, la fameuse côte! Je t'ai monté dans ma tête. Juste parce que j'ai couru jusqu’ici 40K, çà ne veut pas dire que j'ai peur de toi. Alors je cours cette maudite côte et je peux entendre la conversation de ces trois femmes qui font la marche de 5K qui se termine comme pour moi au Parc Lafontaine.
« L’as-tu vu 'stie? On a de la difficulté à marcher cette côte. Elle a couru le marathon et elle court cette estie d'côte. »
Merci les femmes, vous avez poussé mon corps en haut de cette côte avec vos beaux mots!!!
J’entends mon nom : « Linda ». C’est Anique, la partenaire de mon neveu. Elle court avec moi. Je suis si contente de la voir.
«Tu as juste 1K à faire.
-Non, je la corrige, c'est 1.2K.
-Tu me donnes la force de courir vite Anique, on fait un peu de sprint? »
Je dois arrêter. Je n'ai plus d'air dans mes poumons. OK, je reprends. Anique me dit qu’elle ne peut pas courir
aussi vite que moi.
- « C'est parce que tu as tes sandales … voyons! »
Je traverse la ligne d'arrivée aussi vite que je peux. J'ai gagné mon marathon et j’explose de joie et de bien-être comme je n'aurais jamais pu imaginer.
Courir un marathon, c'est ce que je veux faire encore! Je laisserai ma montre à la maison, je porterai mon nom sur ma chemise, je mangerai mes gels de sucre et surtout, je m'entraînerai. Et si j'oublie parfois pourquoi je fais ça, je dois me rappeler de quelque chose qui est pour moi très évident. Je m'entraîne pour échapper au cancer, aux maladies cardiaques, à la dépression, à la maladie d’Alzheimer et, maintenant, à l'ostéoporose qui se trouve dans ma famille, dans mon sang, dans mes veines. Tu peux croire que tout ça me donne l'inspiration pour ne jamais lâcher.
Linda Wagar, Ottawa, Septembre 2003
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« L’as-tu vu 'stie? On a de la difficulté à marcher cette côte. Elle a couru le marathon et elle court cette estie d'côte. »

« L’as-tu vu 'stie? On a de la difficulté à marcher cette côte. Elle a couru le marathon et elle court cette estie d'côte. »
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